TROTEREAU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tête de gorgone surmontée d'une tignasse boudée. visage mangé par une courte barbe poivre et sel de pirate. Rémi Trotereau se donne volontiers des postures d'artiste maudit. Anxieux, rongé par le doute, (tour à tour bourru et chaleureux. grognon el disert, fêtard ou profondément solitaire,Il cultive les paradoxes mieux que quiconque. Pas facile de démêler les fils d'une vie pour cet artiste attachant, construisant contre vents et marées une œuvre Expressionniste particulièrement impressionnante, d'une rare puissance.

 

Sculpteur, il a créé un univers fantastique et troublant : "On pourrait dans son œuvre établir un petit répertoire du musée des tortures en comptabilisant tout ce qui coupe, qui déchire, ce qui entrave et bâillonne ce qui dépèce ou écartèle,ce qui brûle et racornit. Les matières, les textures, les couleurs servent à dessein ce propos : l'important pour lui est ce qu'on ne montre pas, ce qui est occulté, la tripe, le trivial, le corps périssable", écrit Michèle Heng.


Il y a dans ce travail toute l'accumulation des siècles, les souffrances. L'histoire fantasmée, les cris et les douleurs du passé. À partir de la résine de synthèse il récrée des formes qui disent le mystère de la trace, cette recherche qui nous conduit dans les plis de nos mémoires vers les grands mythes fondateurs. Loin de notre époque matérialiste,il fouille, il creuse au plus profond, pour rechercher la bête originale.

Cette quête sans fin d'absolu, le conduit quelquefois dans des impasses douloureuses, aux confins du tragique. Toujours, il repart au combat avec l'obstination du guerrier. Fatigué, mais heureux de faire naître ces formes hybrides, ces assemblages étranges et monstrueux.